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Prix Georges Villain d'histoire de l'art dentaire

Le Dr Henri Lamendin (1928 - ), une histoire de l'art dentaire en marche


Par
Xavier Riaud

Le Dr Henri Lamendin (1928 -  ), une histoire de l'art dentaire en marche - Histoire de l'art dentaire

« Ecrire a été aussi pour moi, une façon de survivre et donc d’exister… Les ongles et les cheveux continuent de pousser après la mort. Eh bien ! Les livres, c’est pareil : ils vous prolongent. » Jean-François Deniau (1928-2007), homme politique, écrivain et membre de l’Académie Française à partir de 1992, cité par Henri Lamendin.


Dans la tourmente…

Henri Lamendin est né le 14 mai 1928, à Paris, dans le Vème arrondissement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, d’une famille de Résistants, mais trop jeune pour se joindre à son père et à son frère, il devient secouriste de la Croix-Rouge. Comme beaucoup de ses camarades, il rejoint les Scouts de France et c’est plus tard, à leur contact, qu’Henri a découvert un sport qui a été au centre d’un certain nombre de ses préoccupations professionnelle futures : le Judo. Après la Libération de Paris, il participe, entre autres, en tant que secouriste, à l’accueil des prisonniers de guerre et ne ménage pas son temps à leur service.


Un étudiant perpétuel

En 1945, il obtient son baccalauréat, puis, en 1947, le certificat de Physique-Chimie-Biologie à Lille. Il suit alors sa famille en Auvergne et s’inscrit à la Faculté de Médecine de Clermont-Ferrand. Après quelques hésitations, il s’oriente vers la chirurgie dentaire. Il est reçu chirurgien-dentiste en 1954 (nouveau régime d’études). En 1967, souhaitant acquérir d’autres savoirs, il suit les cours du CES de Biologie générale, à Orléans. En 1972, il soutient sa thèse de doctorat en Chirurgie Dentaire (3ème cycle), qui deviendra doctorat en Sciences Odontologiques, et en 1973, il reçoit le diplôme de docteur en Chirurgie Dentaire. En 1981, en même temps que le Professeur Simon Bérenholc, il devient titulaire d’un doctorat d’Etat ès-Sciences à Orléans. Enfin, en 2008, le jour même de ses 80 printemps, il soutient une thèse de doctorat d’Université en Odontologie, à Clermont-Ferrand.


Humaniste


« Auguste » (clown) dans les hôpitaux pour les enfants malades pendant ses études, n’hésitant pas même à faire les courses pour des malades, brancardier pendant ses séjours à Lourdes, il exerce pendant 33 ans en exercice libéral à temps partiel et pendant 17 ans au Centre Hospitalier Spécialisé Beauregard de Bourges. Désintéressé, il ne discutera jamais argent avec ses patients, - tâche qu’il confie à sa secrétaire -, et ne refusera jamais la perspective d’actes gratuits. Dévoué aux personnes handicapées, il militera en leur faveur, par ses écrits, tout particulièrement dans le sport.


Militaire en Algérie

Rappelé en Algérie en 1956, il « a répondu à l’appel, mais a su toujours refuser ce qui était contraire à sa conscience. » Affecté à Oran, il se déplace en 4x4 avec une malle comprenant un cabinet dentaire portatif, dont un tour à pédale. Il revient en France en 1957. En 1958, il est nommé dentiste-lieutenant. Plus tard, il sera promu commandant de compagnie à la Protection Civile et le restera de 1973 à 1988.


La recherche

Dès le commencement de ses études en chirurgie dentaire, Henri est plongé dans la recherche. En effet, son premier acte d’investigation a été de « faire des injections d’anti-histaminiques dans les gencives de cobayes. » Comme il se plaît à le dire : « Depuis lors, la recherche ne m’a jamais quitté et continue de jouer un rôle capital (indispensable) dans ma vie. » Sous la houlette de son « patron » comme il l’appelle encore aujourd’hui, le Professeur Robert Delavault, il apprend à canaliser son esprit curieux et développe une grande rigueur scientifique. C’est à ses côtés qu’il entreprend une grande partie de ses recherches. Responsable scientifique de programmes de la Délégation Générale de la Recherche Scientifique et Technique après la vente au Laboratoire Mérieux, du Centre d’Elevage et de Sélection d’Animaux de Laboratoire du CNRS, et, donc, face à la disparition de l’Institut de Recherches Appliquées au Domaine de la Santé de l’Université d’Orléans créé par Delavault, dont il était directeur-adjoint, Henri rejoint la Faculté de Sport et d’Education Physique de la même université. En 1975, par arrêté ministériel, Henri Lamendin est Lauréat d’un Prix pour ses travaux concernant la biologie, la médecine du sport et l’éducation physique spécialisée remis par le Jury national du Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports et en 1982, il est co-lauréat (avec Simon Bérenholc) du Prix des Sciences Odontologiques décerné par le GSSOS.

Résultats

Dans un livre à paraître en 2009 qui résume 40 années d’investigations et expérimentations, Henri énumère 36 d’entre elles, très diverses. Entre histologie dentaire, phytothérapie bucco-dentaire, histoire de l’art dentaire, odontologie médico-légale, odontologie du sport et odontologie générale …, Henri Lamendin s’est intéressé à tous les secteurs d’activité de la dentisterie moderne et à tous les modes d’investigations, y compris à des études épidémiologiques, pour parvenir à des résultats probants. Mais, c’est en 1988, avec la méthode de Gustafson simplifiée, puis en 1990, avec la méthode d’estimation d’âge à deux critères dentaires qui porte aujourd’hui son nom, qu’il s’illustre.


Enseignements

Il a été chargé de cours pour le CES, puis la capacité de Biologie et Médecine du Sport dans les Facultés de Médecine de Tours, Poitiers, Cochin et Port-Royal, La Pitié-Salpêtrière (Paris), pour le diplôme de l’Institut Universitaire « Sport et Santé » à la Faculté de Médecine de Bobigny. Il est intervenu aussi pour l’Attestation d’Etudes Universitaires et Cliniques d’Odontologie du Sport de la Faculté d’Odontologie de Lyon, pour le DEUG et la Maîtrise de Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives à la Faculté du Sport et de l’Education Physique d’Orléans, pour le Brevet d’Etat d’Educateur Sportif et les UV, et UF d’Activités Physiques et Sportives à l’Université d’Orléans, chargé de cours pour l’ancien DEA en Stomatologie Pédiatrique au Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris et enfin, pour le diplôme universitaire d’Expertise Odonto-Stomatologique à l’Institut Régional de Médecine Légale à l’Université de Bordeaux.


Instances

Henri est logiquement devenu membre titulaire de l’Académie Nationale de Chirurgie Dentaire en 1995, puis à 80 ans, membre honoraire. A l’Académie, il y a été Président de la Commission Activités Physiques et Sportives et est toujours membre de la Commission d’Histoire de l’Art dentaire. Il a été aussi membre du Conseil Départemental de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes du Cher pendant 24 ans et membre suppléant au Conseil Régional. De plus, il a fait partie de la Commission Nationale de l’Exercice Dentaire de l’ADF et du groupe de travail Activités Physiques et Sportives de l’UFSBD. Représentant des Facultés de Chirurgie Dentaire de Paris V et VII près la Délégation de l’Office National de Formation Odontologique Continue du Cher, il a été le Président-fondateur de cette délégation et Secrétaire de la délégation régionale. En Justice, il a officié en tant qu’expert en Odontologie et Sécurité Sociale, près la cour d’Appel de Bourges.


Activités scientifiques diverses

Instigateur de nombreuses sociétés, associations ou commissions, il convient de retenir sa présidence fondatrice de la Société Française d’Odonto-Stomatologie du Sport en 1978 à laquelle il a rendu hommage dans un livre concernant cette spécialité, paru à l’occasion de l’anniversaire des 30 ans de son existence. Henri a été aussi membre de plusieurs comités de rédaction de revues scientifiques (Symbioses, Sciences et Sport, Cinésiologie, …). N’oublions pas aussi son implication dans la Société française d’Histoire de l’Art Dentaire qui est fondamentale.


Son action dans le sport

Membre du Comité Directeur de la Fédération Française de Judo, Kendo et disciplines associées de 1966 à 1976, en 1980, et de 1982 à 1992, Secrétaire général de cette Fédération de 1973 à 1976, à l’origine de la Commission Judo-Handicapés, créée en 1972, membre de la Commission Médicale Fédérale en 1980, Président de la Commission Recherche et Innovations Technologiques de 1981 à 1997, membre de la Commission Formation Morale et Fair-Play dès sa fondation, membre de la Commission des Statuts et Règlements, et du Tribunal Fédéral en 1994, membre du Comité des Experts Scientifiques, Médicaux et Techniques de la Médecine du Sport, près le Directeur de l’Institut National des Sports et de l’Education Physique par arrêté ministériel du 22 juin 1980, membre de la Commission Nationale de Lutte contre le Dopage relevant du Ministère de la Jeunesse et des Sports par arrêté ministériel du 22 juin 1990 et membre du Tribunal Fédéral depuis 1994, son implication dans le sport en général, et dans le Judo en particulier, est totale.


Qui est-il ?

Bon vivant, amoureux passionné de sa campagne où il quête les herbes pouvant étayer ses recherches, il aime à se baigner les jours de beaux temps dans les lacs avoisinants. Tour à tour, gouailleur et joueur, jamais méchant, mais ferme dans ses idées et droit dans ses bottes, il sait faire preuve de sagesse lorsqu’on parvient à lui démontrer qu’il peut s’être trompé, mais il faut savoir pour cela être plus têtu que lui, ce qui n’est pas toujours évident. Travailleur acharné, passionné par l’odontologie et tellement d’autres sujets, il ne se met aucune limite dans ses prospections. De même, sa plume, automate de son esprit toujours en ébullition, est-elle toujours verte et prolifique, car c’est d’un esprit toujours fertile et bouillonnant dont nous parlons qui a parfois l’impatience d’un jeune homme de vingt ans, mais garde la sagesse de la maturité et de ses conseils toujours avisés. Croyant pratiquant, homme de convictions, fidèle en amitiés, pudique et réservé sur ses sentiments, Henri attache énormément d’importance à sa famille et c’est avec son fils adoptif, Marc, qu’il passe la plupart de ses vacances. Ancien judoka ceinture noire 1ère Dan en 1960, arbitre national de ce sport de 1964 à1972 et moniteur de ce sport en 1973, plongeur sub-aquatique breveté, skieur averti, et amateur de randonnées à pied ou à moto, et de varappe en haute montagne, le sport a occupé une grande place dans sa vie au point de participer à plusieurs Jeux mondiaux de la Médecine. Grand voyageur, grand amateur de théâtre et de musique, féru de culture, c’est en connaisseur qu’il sait découvrir un pays et ses traditions.


Quelques chiffres

Henri Lamendin, c’est 27 livres personnels et 9 collectifs, toutes disciplines confondues. C’est aussi 741 publications (série en cours), dont 5 en espagnol, 5 en anglais, 2 en italien et 1 en allemand, sans oublier 3 en portugais. C’est également 138 publications en association, dont 23 avec des étrangers. C’est encore 135 collaborations avec divers journaux et éditeurs, dont 31 étrangers. C’est enfin une participation à 75 jurys de thèse, dont 57 en odontologie.


Quelques distinctions

Une œuvre aussi grande n’a pas pu rester méconnue et a fait l’objet bien évidemment d’un certain nombre de distinctions. Ainsi, a-t-il reçu la Médaille de Bronze de la Croix-Rouge Française dès 1946 (18 ans), la Médaille d’Honneur de la Jeunesse et des Sports en 1960, la Médaille d’Or de la Jeunesse et des Sports en 1970 et la même année, la Médaille d’Or de la Fédération Française de Judo et Disciplines Associées, puis la Grande Médaille d’Or de cette Fédération en 1985, la Croix d’Argent en 1979, la Croix de Vermeil en 1990, puis la Grand-Croix du Mérite des Ceintures Noires en 1990. Lui ont été décernées aussi la Médaille de la Fédération Nationale des Offices Municipaux des Sports en 1984, la Médaille d’Argent du Groupement Latin et Méditerranéen de Médecine du Sport en 1987, puis la Médaille d’Or du même Groupement en 2000, la Médaille du Comité Régional Olympique et Sportif du Centre au titre du Sport Universitaire en 2000 ainsi que la Médaille d’Honneur de la Fédération Nationale du Sport en 2000. De même, il a été fait Chevalier du Mérite Sportif en 1963, Chevalier des Palmes Académiques en 1966, Officier en 1981, puis Commandeur en 1992 dans cet ordre, et Chevalier de l’Ordre Nationale du Mérite en 1977. De plus, il avait déjà reçu un Diplôme de Reconnaissance de la Croix-Rouge Française en 1944 (16 ans). La Médaille Commémorative des opérations en AFN en 1957, le Titre de Reconnaissance de la Nation en 1971 et la médaille correspondante en 2002, la Médaille d’Afrique du Nord en 1997, la Croix du Combattant en 2001, lui ont aussi été attribués.


Conclusion

J’ai souhaité rendre un hommage à mon ami en étant le plus complet possible dans l’écriture de sa biographie. Pourtant, de nombreuses choses pourraient être dites encore. En effet, son œuvre est si considérable et si diversifiée que cet exercice m’a été difficile. J’espère malgré tout que ce travail servira aux générations futures afin qu’elles sachent qui était leur confrère.

Enfin, à toi, mon parrain, mon ami, afin que tu saches dans quelle estime je te porte et combien j’ai d’affection pour toi.

Henri Lamendin - Histoire de l'art dentaire


Références bibliographiques:

Lamendin Henri, communication personnelle, Guillestre, 2009.

Lamendin Henri, entretiens téléphoniques, juin-juillet 2009.

Lamendin Henri, Souvenirs et réflexions pour servir à l’histoire d’un changement d’époque, Souvenirs (éd.), Guillestre, 2007.

Lamendin Henri, Titres et travaux, Souvenirs (éd.), Guillestre, 2009.

Lamendin Henri, Historique de l’Odonto-Stomatologie du Sport en France, L’Harmattan (éd.), Collection Médecine à travers les siècles, Paris, 2009.

Lamendin Henri, Investigations et expérimentations en odontologie, 40 années de recherches, L’Harmattan (éd.), Collection Médecine à travers les siècles, Paris, 2009.



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