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Horace Wells (1815-1848) et l'anesthésie au protoxyde d'azote

par
Xavier Riaud

 

Le 10 décembre 1844, Horace Wells, né à Hartford, dans le Vermont, le 21 janvier 1815, formé à la dentisterie à Boston et en exercice à Hartford depuis 1836, assiste avec sa femme, à une démonstration publique des effets insensibilisants du protoxyde d’azote, effectuée par Gardner Q. Colton, sur un homme qui se blesse lors de la représentation. Il rit. Ce dernier, atteint à la jambe titube tel un alcoolique sous l’effet du produit, ne montre aucune souffrance. Surpris, le lendemain, Horace décide d’appliquer ce produit à la dentisterie. Il sollicite Colton pour qu’il joue le rôle d’anesthésiste et son associé, le dentiste John Riggs, qui extrait une dent de sagesse douloureuse en cours d’éruption, à Wells lui-même, dans leur cabinet dentaire de Hartford, devant plusieurs autres témoins. L’anesthésie au protoxyde d’azote vient d’être découverte. Wells réitère l’expérience avec succès, à son cabinet, pour 15 dents et souhaite obtenir l’aval du monde médical en faisant une démonstration devant ses pairs.

A la fin 1844 ou au début 1845, Wells présente sa trouvaille devant une assemblée de spectateurs et d’étudiants au Massachusetts General Hospital. Invité par John C. Warren, un de ses plus célèbres chirurgiens, Wells administre le gaz à un étudiant venu se faire enlever une dent. Le masque d’inhalation est enlevé trop tôt. Peu endormi, le jeune homme crie au moment de l’intervention. L’opéré admet avoir souffert lors de l’extraction, moins toutefois que s’il n’y avait pas eu d’anesthésie. Humilié, le dentiste quitte la ville, ses oreilles résonnant encore du « Humbug (« Foutaises ! ») de désapprobation hurlé par Warren et des huées de l’auditoire. Le soir même, Wells réitère son anesthésie au cours d’une autre intervention chirurgicale, avec succès cette fois.

Pourtant, à l’issue de cette journée et devant les résultats de Morton et de son éther sulfurique, le protoxyde d’azote tombe en désuétude. Wells s’obstine et l’emploie au quotidien à son cabinet, avant de le fermer pour faire connaître « son » gaz au monde entier. En 1847, Wells devient un commercial qui vend divers produits sur le territoire américain qui n’ont rien à voir avec la dentisterie. Devant le succès de l’anesthésie à l’éther de Morton - Wells a été associé à Morton en 1842, moins d’une année -, Wells s’installe à Paris, par dépit. Il décide de revenir aux Etats-Unis pour promouvoir sa découverte. L’emprise de Morton sur la question est si forte qu’il renonce et se retire à Hartford où il se consacre à l’ornithologie. En janvier 1848, suite à la publication d’un article sur le chloroforme, il s’installe à New York où il reprend ses recherches en testant ce produit sur lui-même. Très vite, il est dépendant au chloroforme, ce qui lui fait perdre toute conscience. Dans de rares moments de lucidité, le 15 janvier 1848, il anesthésie un malade avant une blépharoplastie à l’hôpital de New York. Le 21 janvier 1848, ayant jeté de l’acide sulfurique sur 2 prostituées, sous le coup d’une peine de prison et dépressif, Horace Wells se tue le 23, en coupant l’artère fémorale de sa jambe gauche, après avoir absorbé une dose de chloroforme. Il est enterré au cimetière de Cedar Hill à Hartford. En 1848, l’Académie de médecine française reconnaît sa valeur et la Société médicale de Paris en fait un membre d’honneur. L’Académie des sciences de Paris reconnaît son mérite en 1850. En 1864, c’est au tour de l’American Dental Association et en 1870, de l’American Medical Association. Horace Wells est reconnu aujourd’hui pour avoir découvert l’anesthésie au protoxyde d’azote.

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