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Petite histoire de l'Odontologie médico-légale en France

 

Xavier Riaud

Le premier acte d’odontologie médico-légale en France

En 981, Hugues Capet (v. 940-996), alors duc des Francs de 960 à 987, se rend à Rome pour y rencontrer l’empereur de Germanie, Otton II (955-983), afin d’y négocier avec ce dernier une alliance. Informé, le roi des Francs, Lothaire (941-986), considère la conduite de Capet comme un crime de haute trahison et décide de le faire intercepter sur le chemin du retour.

De son côté, la reine de France Emma (v. 948-988), épouse de Lothaire, écrit à sa mère, l’impératrice Adélaïde (931-999), mère d’Otton II, pour lui démontrer la duplicité du duc Hugues et lui demander qu’elle le retienne prisonnier en Italie. Dans sa lettre à sa mère, la reine a effectué une description complète d’Hugues Capet. Elle y détaille notamment très précisément ses yeux, ses lèvres, ses dents, son nez et jusqu’au son de sa voix. Alerté à temps, c’est grimé en palefrenier qu’Hugues Capet revient à Paris sans encombre (Bordonove, 1986 & Gobry, 2008).


Jean II le Bon (1319-1364)

Voulant réformer son armée qui n’était constitué que de soudards, Jean II publie, le 30 avril 1351, une ordonnance de dix articles intitulée « Règlement pour les gens de guerre » s’appuyant sur deux piliers fondamentaux pour l’époque : l’argent et l’honneur.

Ainsi, les chevaux sont marqués à la cuisse, chacun étant identifié avec précision : couleur de la robe, dents, etc. A 20 ou 30 livres tournois la location d’une monture, il aurait été aisé de réaliser un joli bénéfice en réclamant ces sommes pour des chevaux fantômes ou loués plusieurs fois (Deviosse, 1985).


John Talbot (1384 ( ?)-1453)

Célèbre capitaine d’Henri VI (1421-1471) d’Angleterre, Talbot est tué lors de la bataille de Castillon, près de Bordeaux, par les soldats d’une armée française. Son corps est retrouvé par ses adversaires le lendemain de l’affrontement. Il est tellement mutilé qu’il est très difficile de le reconnaître. Aussi, les Français décident-ils d’amener le héraut du soldat mort devant eux, qui avait été capturé auparavant. Pas plus que les autres, il ne parvient à identifier formellement son maître. Pourtant, il s’agenouille et « quand il a mis un des doigts de sa main droite dans la bouche du cadavre, pour essayer de percevoir l’absence d’une molaire du côté gauche qu’il savait être absente, il a fini par trouver ce qu’il cherchait et s’est exclamé : « Maître, c’est vous ! »… Avec cet aveu, le débat sur l’identité du mort a pris fin (D’Escouchy, 1863-1864). »


Charles le Téméraire (1433-1477)

Duc de Bourgogne en 1467, adversaire de Louis XI, c’est devant Nancy que Charles trouve la mort le 5 janvier 1477. Son corps n’est retrouvé que trois jours après au bord d’un des étangs dits de Saint Jean. Il est nu et à demi dévoré par les loups. A cette époque, il est de bon usage de dépouiller les morts. Le Bourguignon était accompagné à la bataille par un page italien prénommé Baptiste qui est interrogé moins d’une semaine après la bataille. Jean de Troyes raconte : « …Et en cet endroit où le lundi suivant de la bataille, ce page affirme sans détour que le Duc de Bourgogne est mort et complètement nu, avec autour de lui quarante hommes nus également, parfaitement étendus au sol. Et ce Duc présente une entaille faite par une hallebarde, de l’oreille jusqu’aux dents, deux blessures de lance dans les cuisses et une troisième dans le bas de la jambe. Six éléments permettent de reconnaître avec force évidence le Duc de Bourgogne. La première, et la plus importante, vient des dents du haut qu’il avait perdu lors d’une chute (De Troyes, 1620 & Riaud, 2007)… »


Napoléon IV (1856-1879)

Pris dans une embuscade zouloue, le fils de l’Empereur n’a pas le temps de s’enfuir. Son cadavre ayant été percé de 17 coups de sagaies, tous reçus de face, il est méconnaissable. Il est retrouvé entièrement nu. Les Britanniques jugent indispensable de faire identifier la dépouille du prince. La description du cadavre a été faite par le Dr Scott, puis par le baron Larrey, ancien chirurgien ordinaire de l’Empereur Napoléon III, fils de l’illustre chirurgien de Napoléon Ier, qui, à Chislehurst, assiste le 11 juillet 1879, à l’ouverture du cercueil (Lamendin (b), 2006). Pour le procès-verbal de l’examen du corps, le Dr Corvisart, fils du « médecin préféré » de Napoléon Ier, s’est joint à Larrey. Parmi les 17 blessures, l’une, de moindre gravité, est apparente à la lèvre supérieure, du coté droit, laquelle est fendue. Cette blessure intéresse une des dents qui a éclaté. Aussitôt, il est procédé à l’examen du système dentaire. C’est le Dr Thomas W. Evans (1823-1897), dentiste américain de la famille impériale française résidant à Paris, ville où il s’est installé en 1847 et où il finit sa vie, qui en est chargé. Au préalable, Evans a présenté un schéma des dents du prince qu’il avait « aurifiées ». Et, la présence de ces obturations spécifiques a bien été constatée, même si d’autres dentistes sont intervenus après lui (Deranian, 2006).


Dr Thomas W. Evans

Dr Thomas W. Evans, © University of Pennsylvania.


Godon, un précurseur ?

En 1887, Charles Godon (1854-1923), fondateur et doyen de l’Ecole dentaire de Paris (1880), président de la Fédération Dentaire Internationale de 1901 à 1904, puis de 1909 à 1910, propose à la Société d’Odontologie de Paris : « Dans tous les cas où ont disparu les signes extérieurs permettant de reconnaître un cadavre, il doit être procédé à l’examen des dents ; pour cela, un dentiste devra être chargé de dresser un schéma exact de l’état du système dentaire, indiquant toutes les restaurations partielles ou totales qui auraient été faites (obturations, aurifications, dents artificielles, etc.) ou indiquant les dents absentes et les particularités quelconques des dents présentes ». Cette motion a été aussitôt adoptée (Berck, 1988).

 

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Dr Charles Godon (S. P. E. I., 1964).


Le Bazar de la Charité (1897)

Le 4 mai 1897, 124 personnes décèdent dans l’incendie du Bazar de la Charité, suite à une mauvaise manipulation de produits inflammables participant au bon fonctionnement du cinématographe. Parmi elles, Sophie-Charlotte (1847-1897), duchesse d’Alençon et sœur de Sissi, l’Impératrice d’Autriche. Son corps est un des plus carbonisés. Le lendemain, vers midi, une trentaine de corps n’ont pas encore été identifiés. Le consul du Paraguay a alors l’idée de solliciter les dentistes des victimes. Le Dr Isaac Davenport, dentiste de Sophie-Charlotte, arrive avec sa fiche dentaire où sont notées ses 17 consultations échelonnées sur deux années, la dernière ayant eu lieu le 15 décembre 1897. Il identifie son corps et son procès-verbal est avalisé par la justice. C’est une première en France. Trois dentistes participent aux identifications : le Dr Charles Godon, le Dr Isaac Davenport et le Pr Ducourneau, enseignant à l’Ecole Odontotechnique de Paris. Le travail des praticiens est rapporté par Oscar Amoëdo y Valdes. Ce dentiste cubain et professeur à l’Ecole Odontotechnique de Paris soutient, le 7 juillet 1898, sa thèse de médecine « L’art dentaire en médecine légale » et obtient le titre de docteur en médecine. Le Professeur Brouardel, président du jury de thèse, dit alors du travail du candidat : « Ce n’est pas une thèse, mais un traité d’odontologie. Il a comblé des grandes lacunes qui existaient quant à l’identification médico-légale (Georget & Labyt-Leroy, 2005). » Ce travail de 608 pages est publié aux Editions Masson & Cie. Il est reconnu par l’ensemble de la profession dentaire comme une référence en la matière. L’identification dentaire, inexistante jusqu’alors, est née. Un grand nombre de pages est consacré aux techniques d’identification, aux morsures, à l’usure des dents et aux dents après la mort. Pour le compléter, l’auteur commente la jurisprudence dentaire. 52 observations consacrées à l’identification concluent cette étude. Le 4 août 1899, il présente devant la Société Dentaire Américaine d’Europe, une communication fondamentale intitulée « L’identification des cadavres par le dentiste expert » (Georget & Labyt-Leroy, 2005). « Le rôle du dentiste expert, pour l’établissement d’une identité, ne peut plus être mis en doute à l’heure actuelle. Les observations que nous apportons forment un faisceau de preuves bien suffisant. Tantôt, c’est une anomalie particulière et connue du dentiste qui servira de base à ses conclusions ; tantôt, c’est une opération restauratrice qui remplira le même but. Mais, on verra aussi, par ces observations, que si souvent les dentistes ont été requis par la justice, bien souvent aussi on a tout à fait négligé de les appeler. (…) Son importance (l’expert dentiste) ne saurait être mis en doute et nous pensons qu’à l’avenir, ce n’est plus par hasard que les dentistes seront appelés dans les cas difficiles, mais qu’on y pensera dès le début et qu’on évitera ainsi de douloureuses surprises (Amoëdo y Valdes, 1898). »

Dr Oscar Amoëdo y Valdes (1863-1945)

Dr Oscar Amoëdo y Valdes (1863-1945), © Cuadernos de Historia.


Edmond Locard (1877-1966) et l’étude des traces

En 1910, Edmond Locard inaugure à Lyon, le premier laboratoire de police technique et scientifique au monde. Spécialisé dans l’étude des traces résiduelles laissées sur les scènes de crimes, les dents ne sont pas oubliées. En effet, le laboratoire est intervenu dans le cadre de l’Affaire Dessort. Un vol est commis le 21 décembre 1910, dans une boulangerie située au 159, boulevard de la Croix-Rousse à Lyon. Un des coupables avait mordu dans des tartelettes à la crème de marron. La trace des incisives a permis d’orienter les recherches vers un enfant du voisinage qui a été identifié sans difficulté (Mazévet, 2006 & Riaud, 2008).


Dr Edmond Locard

Dr Edmond Locard, © Stagnara, 2007.


Première Guerre mondiale (1914-1918)

Cette guerre a fait 1 350 000 de morts dans l’armée française. Le nombre de disparus oscille entre 100 000 à 600 000. « La question des disparus a posé de tels problèmes dans l’immédiat après-guerre, que différents moyens (anthropométrie, albums photographiques, identifications bucco-dentaire) ont été mis en oeuvre pour identifier ces corps dépourvus d’identité, sans oublier les soldats amnésiques (Dussourt, 2006). » « Le ministère des Pensions a fait afficher dans les églises et mairies de France des tableaux indiquant les objets trouvés sur les corps des soldats français, non encore identifiés, afin de donner des indications sur leur état civil. Parmi ces objets ont été notés en premier lieu les pièces prothétiques dont la reconnaissance pouvait facilement être faite, soit par le dentiste qui les avait fabriquées, soit par la famille du disparu, munie de la fiche et des renseignements précis fournis par le praticien. Sur ces avis, ont été précisées la localisation exacte de l’endroit où le corps avait été découvert et une description des caractéristiques de la pièce prothétique découverte : Prothèse maxillaire ou mandibulaire, Nombre et type de dents (dents ivoire, dents gutta), Type de matériau employé pour la base (or, caoutchouc), Type et métal des crochets (or en général). (…) Ces avis de recherches n’ont concerné que les pièces prothétiques et pas du tout l’état de la denture, ce qui limite donc la recherche aux seuls porteurs de prothèse. (Dussourt, 2006 & Morizot, 1923). » « Compte tenu de la multitude des corps à identifier, du faible taux d’appareillage,- entre 5 et 10% -, et de la difficulté à réunir les documents ante-mortem, le nombre d’identifications réalisées grâce à ces avis de recherche a probablement été faible. Même s’il est en progression récente, c'est-à-dire de l’ordre de 17 %, le taux de retour des avis de recherche est resté longtemps très faible et a plafonné autour de 2%. Il n’a pas dû être meilleur en 1919 selon toute vraisemblance (Dussourt, 2006). »

Concernant l’odontologie médico-légale dans ce contexte si meurtrier, Henri Lentulo a écrit : « Il ne nous semble pas nécessaire d’insister davantage sur la justesse absolue d’un procédé qui a fait ses preuves depuis longtemps et qui est appelé à être employé souvent, maintenant qu’il est procédé à des exhumations fréquentes des morts de la Grande Guerre dont la reconnaissance est souvent entourée de grandes difficultés (Lentulo, 1921). »


Henri Lentulo (1889-1981), dentiste militaire pendant la Grande Guerre

Henri Lentulo (1889-1981), dentiste militaire pendant la Grande Guerre, © Deville, 2007.

 

Ginette Neveu (1919-1949)

Violoniste, elle embarque à bord d’un vol Air France, le « Constellation », pour une série de concerts. Le 27 octobre 1949, l’avion s’écrase dans une montagne aux Açores. Ginette gît à côté de son Stradivarius. Son cadavre est rendu à la famille. Mais, ses proches s’interrogent. En effet, le corps présente une chaîne avec une médaille égyptienne, des vêtements dont ils ne se souviennent pas et des doigts avec des ongles très longs en pointe, ce qui est surprenant pour une violoniste. Les parents décident de contester. Le cercueil est transporté à l’Institut médico-légal où finalement, aucun doute ne subsiste. Il ne s’agit pas de Ginette. Fin novembre, un autre corps est exhumé dans le Haut-Rhin. Après examen dentaire et des ongles taillés pour jouer du violon, Ginette Neveu est reconnue (Georget & Boutin, 1996).


Autres catastrophes, autres identifications dentaires…

Suite à la catastrophe d’Ermenonville où un DC10 s’écrase au sol le 4 mars 1974, la méthode de Gustafson (1947) est utilisée pour déterminer les âges des corps à partir de l’étude des dents. L’enquête médico-légale est largement privilégiée. Toute une batterie d’examens dentaires annexes est utilisée. C’est un professeur de médecine de Poitiers qui officie.

Lorsque le 11 juillet 1978, un camion de propylène explose à proximité du camping « Los Alfaques », près de la commune d’Alcanar en Espagne, les 217 corps sont entièrement autopsiés. Des prélèvements des maxillaires et des odontogrammes ont été systématiquement réalisés. Les victimes sont toutes identifiées (Georget, Collet & Peton, 2000-2001).


1982

En France, la catastrophe de l’autoroute du Soleil du 31 juillet 1982, où 53 personnes dont 44 enfants âgés de 6 à 15 ans périssent carbonisées dans l’incendie d’un car, près de Beaune, voit un magistrat requérir un dentiste de Dijon, le docteur Claude Laborier, expert près la Cour d’Appel de Dijon. C’est la première fois qu’un dentiste est sollicité pour participer aux opérations d’identification. C’est exclusivement par l’odontologie que les adultes sont reconnus. L’utilisation de la radiographie rétroalvéolaire a donné d’excellents résultats pour l’identification d’un adolescent qui a été pris pour un chauffeur de bus (Laborier, 2008).


Dr Claude Laborier (1941- )

Dr Claude Laborier (1941- ), © Laborier, 2008.


L’Association Française d’Identification Odontologique

Le 19 septembre 1989, un attentat est perpétré contre le DC10 de l’U.T.A. 159 corps sont retrouvés. 105 sont identifiés. Pour la première fois, une équipe pluridisciplinaire est à l’œuvre. Elle comprend des médecins, des toxicologues, des radiologues et des chirurgiens-dentistes (www.afioasso.org, sans date). Bien qu’il ait existé auparavant une Société Française d’Odonto-Stomatologie Légale, la conséquence immédiate de cet attentat est la naissance de l’Association française d’identification odontologique (A.F.I.O.) qui est fondée en 1990, par les Drs Danjard, Georget, Laborier et Welsch. Son premier congrès a lieu à Dijon sous l’autorité des Prs Weill et Marin, alors président de la société de médecine légale et de criminologie de France (Georget, 2008).


La formule de datation de l’âge de Lamendin (1990)

En 1947, Gustafson utilise six critères de modifications physiologiques des dents, tous observés en fonction du vieillissement, mais ceci impose de procéder à des inclusions et à la réalisation de lames minces, par sections polies. En 1988, Lamendin propose une formule de Gustafson simplifiée qui ne repose que sur trois critères. Toutefois, le Français la juge peu fiable. En 1990, il définit une méthode ne s’appuyant que sur deux critères et prenant en compte les rapports entre la hauteur de translucidité et la hauteur de parodontose (hors pathologie évidente) avec la hauteur de la racine. C’est la formule de Lamendin. En 1996, Hélène Martin offre une datation de l’âge à partir du cément dentaire. En 1999, Guy Collet étudie la couleur des racines des dents à différents âges et sur différents échantillons de population. Ainsi, il a créé un nuancier qui fait référence aujourd’hui (Lamendin (a), 2006).


Dr Henri Lamendin

Dr Henri Lamendin (1928- ), © Lamendin, 2009.


Une histoire en perpétuelle écriture

Le 20 janvier 1992, un airbus A320 parti de Lyon-Satolas s’écrase sur le Mont Sainte-Odile haut de 800 mètres. Il y a 87 victimes. L’I.R.C.G.N. intervient pour la première fois. Une cellule de chirurgiens-dentistes participe activement à l’identification des cadavres (Ménini, 1998). En décembre 1996, les Drs Charles Danjard et Laborier participent aux identifications des victimes de la secte du Temple solaire. A cette occasion, le prélèvement des maxillaires est systématiquement réalisé. De même, une radiographie panoramique est effectuée sur tous les cadavres (Laborier, 2008). En mars 1999, les mêmes experts identifient les victimes de l’incendie du tunnel du Mont Blanc, qui sont au nombre de 39. Les deux hommes sont confrontés à des corps présentant une carbonisation extrême. Les données bibliographiques sur la carbonisation des dents et des pièces prothétiques se trouvent totalement bouleversées (Laborier, 2008). Le 25 juillet 2000, le Concorde AF4590 vient juste de décoller de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, quand il s’écrase sur l’Hôtelissimo à Gonesse. La photo devient systématique (Georget, Collet & Peton, 2000-2001). Des traces sont ainsi conservées. L’exhumation peut être évitée. 450 diapos et 250 photos sont prises. Sur 113 corps, il y aura 112 identifications dentaires (Laborier, 2008). Le Dr Laborier rapporte que la 113ème victime dépourvue de dents est identifiée par défaut grâce à la liste des voyageurs, puisque son appareil dentaire n’a jamais été retrouvé (Gruhier, 2001). En avril 2005, 26 dentistes français (Drs Rallon, Hutt, Labyt, Berger, Georget, …) sont envoyés en Thaïlande pour recueillir les informations ante mortem et post mortem afin de reconnaître les victimes du tsunami (Laborier, 2008). Lorsqu’un avion de la force multinationale s’écrase dans le Sinaï égyptien le 6 mai 2007, causant la mort de 8 soldats français, c’est le Dr Joly qui est envoyé. Une équipe française de dentistes réservistes, dont plusieurs membres de l’AFIO, est quant à elle, envoyée au Togo dans les jours suite au crash d’un hélicoptère survenu le 3 juin 2007, transportant deux Françaises. De même, c’est le Dr Danjard qui participe aux identifications des 26 victimes du car polonais écrasé le 22 juillet 2007, dans un ravin de Vizille en Izère. A suivre…

 

L’Unité d’Identification Odontologique

« L’Unité d’Identification Odontologique (UIO) est une structure créée par le Conseil National de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes, ses statuts ayant été validés lors de la séance du 13 avril 2002. Elle propose aux autorités judiciaires compétentes des praticiens formés à l’identification médico-légale des personnes dans le contexte des catastrophes…, mobilisables 24 heures sur 24, sur simple appel des autorités… (www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr, 2009 & CNOCD, 2009). »

 


Références bibliographiques :

Amoëdo y Valdes Oscar, L’Art dentaire en Médecine Légale, Masson et Cie (éd.), Paris, 1898.

Berck R., « Etude historique de l’identification par les dents en France », in Bull Off Ordre Nat Chir Dent, 1988; 2 : 6-10.

Bordonove Georges, Hugues Capet, Pygmalion (éd.), Paris, 1986.

Collections of the University of Pennsylvania Archives, Philadelphie, 2005.

Conseil National de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes, lettre du 05/08/2009, Paris.

Deranian Martin H., Thomas W. Evans: Pennsylvania’s dentist to Europe’s royalty, in J. Hist. Dent., Spring 2006; 54 (1): 17-23.

D’Escouchy Mathieu, Chronique (1444-1467), Du Fresne de Beaucourt (éd.), Paris (Soc. Hist. France), 1863-1864, vol. 2.

De Troyes Jean, Histoire de Loys XI, roi de France, et des choses mémorables advenues de son regne, depuis l’an 1460 iusques à 1481. Avtrement Dicte la Chronique Scandalevse. Escrite par vn Greffier de l’Hotel de ville de Paris. Imprimée sur le vray Original, M.DC.XX.

Deville Jacqueline, collection privée, Gap, 2007.

Deviosse Jean, Jean le Bon, Fayard (éd.), Paris, 1985.

Dussourt Eric, « Identification bucco-dentaire et Guerre 14-18 », in Actes de la Société Française d’Histoire de l’Art Dentaire, Rouen, http://www.bium.univ-paris5.fr, 2006, pp. 43-45.

Georget Charles & Boutin Emile, L’inattendue – Les grandes catastrophes, Siloë (éd.), Nantes, 1996.

Georget, Collet & Peton, « Historique de l’Odontologie médico-légale au travers des catastrophes », in Cours du D.U. d’Identification en Odontologie médico-légale, U.F.R. Odontologie Nancy, année universitaire 2000-2001.

Georget Charles & Labyt-Leroy Anne-Sophie, Le Docteur Oscar Amoëdo y Valdes (1863-1945), un praticien éclectique, Actes de la Société Française d’Histoire de l’Art Dentaire, http://www.bium.univ-paris5.fr, 2005, pp. 1-5

Georget Charles, communication personnelle, Amboise, 2008.

Gobry Ivan, Lothaire, Pygmalion (éd.), Paris, 2008.

Gruhier Fabien, « Les dents de la mort », in Le Nouvel Observateur, 29/03/2001, n° 1899.

Laborier Claude, communication personnelle, Dijon, 2008.

Lamendin Henri (a), Petites histoires de l’art dentaire d’hier et d’aujourd’hui, L’Harmattan (éd.), Collection Ethique médicale, Paris, 2006.

Lamendin Henri (b), Praticiens de l’Art dentaire du XIVème au XXème siècle (Recueil d’anecdodontes), L’Harmattan (éd.), Collection Médecine à travers les siècles, Paris, 2006.

Lentulo Henri, « Identification des cadavres par la fiche dentaire », in L’Odontologie, 28/11/1921.

Mazévet Michel, Edmond Locard, le Sherlock Holmes français, Des Traboules (éd.), Brignais, 2006.

Ménini Patricia, L’Odontologie médico-légale : son intérêt, ses limites, Thèse Doct. Chir. Dent., Nantes, 1998.

Morizot Jean, L’identification par les dents, Thèse Lyon, 1923, Observation XVI.

Riaud Xavier, Les dentistes, détectives de l’histoire, L’Harmattan (éd.), Collection Médecine à travers les siècles, Paris, 2007.

Riaud Xavier, Quand la dent mène l’enquête…, L’Harmattan (éd.), Collection Médecine à travers les siècles, Paris, 2008.

Richer, Histoire de France, Latouche (trad. et éd.), T. 1 (livres 1 et 2), Paris, 1930 et T. 2 (livres III et IV), Paris 1937.

Rodriguez Exposito César, « Dr Oscar Amoëdo y Valdes, una figura de la odontologia universal », in Cuadernos de Historia de la Salud Publica, La Habana, Cuba, 1969.

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Stagnara Denise, collection privée, Odenas, 2007.

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www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr, L’Unité d’Identification Odontologique, 2009, p. 1.


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